Escalier d’échafaudage selon l’OTConst : règle des 25 mètres, niveaux et monte-charge
Combien de tours d’escalier il faut à un échafaudage de façade en Suisse, quand un monte-charge s’ajoute et pourquoi un plan d’accès allemand ne convient pas tel quel.
Sur un chantier suisse, chaque poste de travail sur l’échafaudage doit se trouver à 25 m au plus d’un escalier d’échafaudage. Si l’échafaudage dépasse 25 m de hauteur, il faut en plus un monte-charge pour le matériel et les personnes. Les deux exigences découlent de l’art. 56 OTConst, l’ordonnance fédérale applicable aux chantiers. S’y ajoutent l’écart vertical de 1,9 à 2,3 m entre les niveaux de circulation (art. 57) et un panneau indiquant la charge utile à tous les accès comme sur toutes les plateformes à matériaux (art. 62). Vous verrez ici comment répartir les escaliers, comment établir la liste de pièces des accès et où les plans allemands calculent autrement. Le cadre général est présenté dans En sécurité sur l’échafaudage.
Ce que l’OTConst exige pour les accès
| Exigence | Valeur | Article |
|---|---|---|
| Trajet du poste de travail à l’escalier le plus proche | 25 m au plus | art. 56 |
| Hauteur d’échafaudage à partir de laquelle un monte-charge s’ajoute | plus de 25 m | art. 56 |
| Écart vertical entre niveaux de circulation | 1,9 à 2,3 m | art. 57 |
| Panneau de charge utile | tous les accès et toutes les plateformes à matériaux | art. 62 |
L’ordonnance parle expressément d’escaliers d’échafaudage. Si vous envisagez de ne prévoir que des passages par échelles, vérifiez d’abord le texte de l’art. 56 et la documentation de la Suva au lieu de le supposer.
Répartir les escaliers : la méthode de calcul
Un escalier dessert 25 m d’échafaudage de chaque côté, soit un tronçon de 50 m. Placé à une extrémité, il n’en dessert que 25 m. D’où une règle simple :
- Longueur développée de l’échafaudage divisée par 50 m, arrondie vers le haut : nombre minimal d’escaliers, à condition que chacun soit bien placé.
- Un escalier en bout d’échafaudage ne compte que pour 25 m.
- On mesure le chemin réellement parcouru sur l’échafaudage, pas la distance à vol d’oiseau ; aux angles, c’est la longueur le long de la façade qui compte.
Exemple 1 : rangée de maisons, 38 m de façade
38 m divisés par 50 m donnent, arrondi, un escalier. Il doit toutefois se trouver au milieu : de là, chaque extrémité est à 19 m. Placé contre le pignon, le même escalier laisserait l’autre bout à 38 m, ce qui est trop. Il faut alors un deuxième escalier ou un autre emplacement.
Exemple 2 : bâtiment en L, 30 m et 24 m
Le développé atteint 54 m, il faut donc au moins deux escaliers. Un escalier unique à l’angle serait à 30 m du bout de la grande aile. Placez plutôt un escalier à 12 m de l’extrémité libre de chaque aile : les extrémités sont alors à 12 m d’un escalier, et 30 m d’échafaudage séparent les deux escaliers, dont le milieu est à 15 m de chacun.
Exemple 3 : échafaudage sur tout le pourtour
Un bâtiment de quatre côtés de 22 m a 88 m de pourtour. Deux escaliers au milieu de deux côtés opposés suffisent : 44 m les séparent dans les deux sens, aucun point n’est donc à plus de 22 m d’un escalier.
Niveaux espacés de 1,9 à 2,3 m
Selon l’art. 57 OTConst, les niveaux de circulation sont espacés verticalement de 1,9 à 2,3 m. Les hauteurs de niveau possibles avec un système figurent dans sa notice de montage et d’utilisation ; vérifiez qu’elles entrent dans cette plage. Pour comparaison, la DGUV allemande demande une hauteur libre d’au moins 1,90 m par niveau.
Le nombre de niveaux détermine la quantité d’escaliers. Avec 2,0 m d’écart, douze niveaux se superposent jusqu’à 24 m ; avec 2,3 m, dix niveaux atteignent 23 m. Chaque niveau ajoute une volée par tour d’escalier, une ou deux selon le système.
Au-delà de 25 m : un monte-charge en plus
Dès que l’échafaudage dépasse 25 m, l’escalier seul ne suffit plus : l’OTConst exige en plus un monte-charge pour matériel et personnes. Attention aux cas limites. Un immeuble de huit étages de 3,00 m atteint environ 24 m à l’avant-toit. Comme la lisse supérieure doit dépasser d’au moins 80 cm le bord de chute le plus haut (art. 26), l’échafaudage avec sa protection latérale peut franchir la barre des 25 m. Clarifiez tôt la façon de mesurer la hauteur et, dans le doute, prévoyez le monte-charge dès le départ.
Un monte-charge est un ajout qui apporte ses propres charges. Quiconque fixe des monte-charges, consoles ou bâches à l’échafaudage doit vérifier la stabilité au préalable et obtenir le feu vert du monteur de l’échafaudage (art. 52). L’ancrage à proximité du monte-charge suit les indications du fabricant. La DGUV exige une sécurisation des zones de chargement aux passages vers les monte-charges, un point à inscrire aussi dans une planification suisse.
Plateforme à matériaux et panneau de charge utile
Sur tous les accès et toutes les plateformes à matériaux, un panneau bien visible annonce la charge utile admise (art. 62). Elle dépend du type d’échafaudage : l’OTConst distingue l’échafaudage de travail léger à 2,00 kN/m², lourd à 3,00 kN/m² et particulièrement lourd à 4,50 kN/m² (art. 55). Ce qu’une plateforme donnée peut porter est fixé par la notice de montage et d’utilisation.
Un calcul montre l’utilité du panneau. Supposons une plateforme de 3,0 m² prévue pour 3,00 kN/m² : 3,0 × 3,00 = 9,0 kN, soit environ 900 kg, la DGUV assimilant 1 kN à quelque 100 kg. Une palette de briques de 600 kg correspond à 6,0 kN. Posée à la grue, elle compte avec le facteur 1,2 de la DGUV, donc 7,2 kN. Cela passe, mais une deuxième palette à côté non.
Comparaison avec les règles d’accès allemandes
| Point | Suisse (OTConst) | Allemagne (DGUV 201-011) |
|---|---|---|
| Espacement des accès | 25 m au plus du poste de travail à l’escalier | postes accessibles au moins tous les 50 m par des accès sûrs |
| Échafaudage sur tout le pourtour | règle des 25 m | un accès suffit jusqu’à 50 m de développé sur un niveau |
| Type d’accès | escalier d’échafaudage | escaliers et monte-charges avant les échelles ; échelles intérieures jusqu’à 5 m et faute de place |
| Monte-charge pour personnes | au-delà de 25 m de hauteur, en plus de l’escalier | au-delà de 20 m de dénivelé si aucune cage d’escalier n’est utilisable |
La différence décisive tient au détail. Un plan allemand avec un accès tous les 50 m peut placer l’escalier en bout d’échafaudage. En Suisse, le trajet depuis l’autre extrémité atteindrait alors 50 m, le double de ce qui est admis. Si vous reprenez une liste de pièces d’un projet allemand, recomptez donc les escaliers selon la règle suisse. Pour le monte-charge, la DGUV le lie à l’existence d’une cage d’escalier utilisable ; l’OTConst l’exige dans tous les cas au-delà de 25 m, en plus de l’escalier.
Établir la liste de pièces des accès
- Mesurer la longueur développée et fixer les emplacements des escaliers selon la règle des 25 m.
- Déterminer le nombre de niveaux à partir de la hauteur et de l’écart entre niveaux.
- Calculer les volées : escaliers × niveaux × volées par niveau selon la notice.
- Ajouter garde-corps d’escalier, planchers de palier et protection latérale de la tour.
- Au-delà de 25 m, prévoir monte-charge, zone de chargement et plateforme à matériaux avec panneau.
Exemple : deux escaliers, dix niveaux et une volée par niveau donnent 20 volées. Avec du matériel d’occasion, contrôlez marches et crochets un par un : les pièces tordues ou corrodées sont interdites par l’art. 48. Escaliers et accessoires se trouvent sous pièces d’échafaudage ; la marchandise est stockée près d’Ingolstadt et de Leipzig.
Erreurs fréquentes
- L’escalier est placé en bout d’échafaudage parce qu’il y a de la place.
- La distance est mesurée à vol d’oiseau au lieu de suivre l’échafaudage autour de l’angle.
- Pour un échafaudage proche de 25 m, le monte-charge est oublié alors que l’échafaudage dépasse le bord du toit.
- La plateforme à matériaux n’a pas de panneau de charge utile.
- En hiver, neige et glace restent sur les escaliers, alors que les accès doivent être dégagés (art. 61).
Questions fréquentes
À quelle distance peut se trouver l’escalier d’échafaudage le plus proche ?
Aucun poste de travail ne doit en être éloigné de plus de 25 m (art. 56 OTConst).
À partir de quelle hauteur un échafaudage doit-il avoir un monte-charge en Suisse ?
Au-delà de 25 m de hauteur, l’OTConst exige en plus de l’escalier un monte-charge pour matériel et personnes.
Combien d’escaliers pour un échafaudage de 60 m ?
Au moins deux, car 60 m divisés par 50 m donnent 2 une fois arrondis. Placés à 15 m de chaque extrémité, ils laissent chaque point à 15 m au plus d’un escalier.
Quel écart entre les niveaux de circulation ?
Entre 1,9 et 2,3 m (art. 57 OTConst).
Où placer le panneau de charge utile ?
De façon bien visible sur tous les accès de l’échafaudage et toutes les plateformes à matériaux (art. 62 OTConst).
Sources
- OTConst du 18 juin 2021, RS 832.311.141, publiée par le Conseil fédéral, état au 01.01.2024
- «Verwendung von Arbeits-, Schutz- und Montagegerüsten» (janvier 2023), parue comme DGUV Information 201-011 auprès de l’assurance accidents légale allemande (Deutsche Gesetzliche Unfallversicherung)